Le médaillon de Budapest d'Ayelet Waldman

Acheté par hasard dans une adorable librairie de Nevers, ce livre est une jolie surprise. Il se déroule sur plusieurs époques entre 1913 et 2013 et pas de façon chronologique. La trame du roman est bien sûr la quête de l'histoire de ce médaillon si particulier, à travers laquelle est évoquée l'évolution de la population juive à travers le XXème siècle. On croise des femmes engagées et modernes qui se battent pour l'avenir, des personnages attachants, des oeuvres d'art, des décors variés, remplis d'histoire et authentiques. Ce roman n'est pas véritablement une enquête (si vous cherchez un policier, un thriller ou un roman à rébondissements, passez votre chemin), mais davantage le déroulé de destins liés de près ou de loin à un objet. J'ai beaucoup apprécié les échanges et conversations entre les différents personnages qui gravitent autour de ce médaillon, les histoires qui ne se croisent pas forcément, les décors au fil du siècle et les thèmes abordés: le féminisme, le trafic d'oeuvre d'art, la sexualité, le mariage,... Une très belle découverte de cet auteur que je ne connaissais pas.

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Quatrième de couverture: "En mai 1945, les Alliés interceptent un train transportant l'ensemble des objets de valeur, bijoux et oeuvres d'art volées par les Nazis aux Juifs hongrois. Jack Wiseman, lieutenant américain, est chargé de veiller sur ce trésor. Mais comme nombre de ses supérieurs, il finit par céder à la tentation: il dérobe un médaillon en forme de paon, souvenir d'une jeune femme rescapée des camps dont il est tombé amoureux. Soixante ans plus tard, ce vol pèse encore sur sa conscience. Jack charge Nathalie, sa petite fille, de retrouver la propriétaire du bijou..."

Extrait choisi: "- Voici peut-être une serviette, annonça Streeter en tenant un morceau de tissu frangé.

Jack l'examina. Doux au toucher mais assez ferme, il ne semblait pas conçu pour absorber l'eau. Il était également trop raffiné pour sécher le cul d'un général. Mais à ce compte-là, les draps à monogramme et aux ourlets brodés étaient trops délicats pour abriter le sommeil d'un militaire.

Comment avait-il atterri ici, agenouillé au milieu d'un océan de linge blanc volé à des juifs comme Ilona? Il avait l'impression que le train avait transporté des quantités illimitées de biens appartenant à la famille Jakab, que la verrerie en cristal, les plats et les serviettes avaient étaient dérobés à Ilona en personne.

- Et merde! jura-t-il.

Il massa ses tempes pour tenter de dissiper la migraine qui menaçait de lui éclater le crâne.

- Nous prétendrons que ce sont des serviettes européennes. Le Général est originaire de Chicago: il n'y verra que du feu! »"