Histoires sans faim d'Alain Russon

Après avoir lu La publicité, une amie qui vous veut du bien..., j'ai donc lu un autre livre d'Alain Russon acheté pendant mes vacances. Celui-ci est un recueil de nouvelles qui se succèdent de façon assez originale: la dernière phrase de chaque nouvelle, commence la suivante. Ce qui est aussi assez inédit, c'est que chaque texte est lié à une chanson qu'on peut retrouver sur le site de l'auteur. Habituellement je ne suis pas très fan des nouvelles (je suis resté sur un mauvais souvenir d'Anna Gavalda avec "je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part" que je n'ai pas aimé du tout). Histoires sans faim est au contraire un recueil réjouissant qui soulève de nombreux sujets: l'amour, la vieillesse, la solitude, la mort, l'amitié, l'enfance, les souvenir, le bonheur... J'ai beaucoup aimmé le fond de chacune car entre les jeux de mots, les personnages normands ou d'ailleurs et les somptueux décors de Normandie (que j'aime cette région), l'issue reste sur une note positive. Ces petites tranches de vie sont délicieusement racontées et pour certaines on pourrait imaginer qu'il pourrait s'agir de nos voisins ou d'inconnus qu'on croise dans la rue. J'ai aussi beaucoup aimé la diversité des personnages, des thèmes et des situations. De jolis textes à découvrir et à savourer!

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Quatrième de couverture: "Histoires sans faim, c'est comme une portion de tarte maison que vous déclinez après un repas déjà copieux: "Non merci. Vraiment pas. Ca ne serait pas raisonnable..." Morceau après morceau vous ne pourrez pas vous empêcher d'y revenir.

Histoires sans faim, ce sont également de courtes nouvelles qui se lient adroitement les unes aux autres. Vous changerez sans cesse d'univers en ayant finalement l'impression de lire un roman véritable.

Histoires sans faim, c'est enfin une multitude de situations qui prêtent à rire ou à sourire. Un véritable remède contre la morosité! Or, n'est-ce pas cela le plus important?

Un livre à rire seul ou à plusieurs..."

Extrait choisi: "Commença alors une tout autre vie: les dernières traces de moralité du jeune homme originaire de Normandie furent enfouies sous des milliers de billets verts.il se mit à approcher des femmes pour qui le mot crème évoquait uniquement antirides, anticellulite... antitout. Ces femmes il en fréquenta d'ailleurs beaucoup en ayant finalement l'impression de toujours tourner autour du même pot de parfum: corps identiques dépourvus de formes, dents à la perfection éclatantes, centres d'intérêt se limitant à la presse people ainsi qu'au shopping.

Le monde de la nuit et les fêtes organisées par les loups de Manhattan s'ouvrirent à lui. Dans celles-ci, ce n'était plus l'alcool qui coulait à flots. Jugées trop ringardes, les boissons y étaient remplacées par des cachets multicolores disponibles en libre-service. l'esprit halluciné, Rémy dansait avec frénésie jusqu'à l'aube.

Des aurores défoncées, il en vivra plusieurs années. Trop... dix fois trop. Comment son cerveau put-il résister à autant de chimie assasine? comment ses neurones parvinrent-ils à ne pas cramer? Nul ne le sait et surtout pas lui. Mais qu'importe de toute façon, car désormais il a bien compris."